Révision de la constitution : Vers un second rejet du projet, pour défaut de consensus

Publié le par Emmanuel E. CREPPY

La chose apparait désormais plus que vraisemblable au regard du dernier développement qu’a connu l’actualité politique nationale. Un second rejet du projet de loi portant révision de la constitution, à l’allure où vont les choses, n’étonnera guère. Et pour la simple raison que la majorité confortable dont Boni Yayi se servait, comme une baguette d’enchantement, pour mener le parlement par le bout du nez n’est plus aussi soumise comme par le passé.

Tout, aujourd’hui porte à croire que plus le temps passe et plus le projet de révision de la constitution initié par le président Boni Yayi a plus de chance de se heurter à une barrière parlementaire qui progressivement se dresse au sein de l’hémicycle béninois. Si le rejet dudit projet, le mardi 24 septembre dernier, par la commission des lois, a été pour le camp pro-révision, une surprise empreint de désillusion, l’issue des tractations ayant précédé l’élection du nouveau questeur de l’Assemblée Nationale, n’a été que la confirmation de ce que rien n’était gagné d’avance, en ce qui concerne la réforme constitutionnelle engagée par le chef de l’Etat.

Entre le rejet effarant et la bouleversante tractation, qui sont apparu sur fond de malaise au sein de la grande famille présidentielle, c’est la présidente de la Commission des lois, Hélène Aholou Kèkè, elle-même pion de la mouvance présidentielle, qui a accordé une interview exclusive au journal L’Autre Quotidien, dans les colonnes de sa parution du jeudi 26 septembre 2013. Une interview au cours de laquelle, celle-ci n’a pas mis des gangs. « Elle (la Constitution) ne sera pas révisée à n’importe quelle condition pour qu’on y mette n’importe quoi. La Cour constitutionnelle du Bénin a rendu une décision qui précise que pour réviser la Constitution, il faut une concertation de la nation, il faut le consensus national qu’elle a déclaré principe à valeur constitutionnelle. C’est très profond. Il faut donc que tout le monde s’entende sur ce qui sera mis dans la Constitution », a-t-elle déclarée. Aussi a-elle ajouté que « la révision ne sera pas l’œuvre d’un groupe politique, d’un groupe d’hommes ou d’un seul homme ; elle sera révisée dans l’intérêt de la nation ». Pour la présidente de la commission des lois, les conditions ne sont pas actuellement remplies pour une révision de la Constitution.

 

Ces propos du député Hélène Aholou Kèkè qui accorde du prix au consensus, ajouté à la vague d’insoumission des députés de la majorité présidentielle, nous amène à croire à un probable second rejet du projet de révision du chef de l’Etat, en commission. Et le motif qui pourra être opposé en son temps est relatif au manque de consensus autours du projet introduit à l’Assemblée Nationale. Un consensus qui s’impose depuis 2006 comme un principe à valeur constitutionnelle.Assemblée Nationale. Tof

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